Préjugés sur le matcha : ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas
Le matcha traîne son lot de préjugés, souvent contradictoires : trop cher, trop long à préparer, ça a le goût de l'herbe, ça ne se boit qu'en latté. On a voulu les reprendre un par un, sans faire semblant que tout est parfait, mais en expliquant vraiment ce qui se cache derrière chacun, à commencer par celui qu'on entend le plus souvent.
Le matcha est cher, les marques en profitent ?
C'est la critique qu'on entend le plus, et elle part d'un vrai constat : le matcha coûte plus cher aujourd'hui qu'il y a quelques années. Mais l'explication n'est pas une marge que les marques se seraient mise à gonfler. C'est le prix d'achat du matcha auprès des producteurs japonais eux mêmes qui a explosé depuis 2021, pour plusieurs raisons qui se sont cumulées.
La demande mondiale a été multipliée, portée notamment par les réseaux sociaux et l'engouement pour le matcha latte, alors que la surface cultivable réservée au tencha, la feuille qui devient le matcha une fois broyée, reste limitée et ne s'agrandit pas du jour au lendemain. En parallèle, la population de producteurs japonais vieillit, avec de moins en moins de repreneurs, et certaines récoltes ont été fragilisées par des aléas climatiques. Le résultat : une pénurie ponctuelle chez plusieurs producteurs en 2024 et 2025, et des prix d'achat qui grimpent mécaniquement pour tout le monde, marques incluses.
Et ce prix d'achat n'est que le point de départ : viennent ensuite s'ajouter le conditionnement (les boîtes, les étiquettes), le stockage, la logistique jusqu'en France, et les frais marketing nécessaires pour faire vivre une marque. Quand le prix de la matière première augmente autant, il ne se répercute pas seul, il se répercute sur chacun de ces postes qui s'appuient sur lui, ce qui explique un prix final qui grimpe plus vite encore que le prix producteur lui même.
Malgré toutes ces hausses côté producteurs, nous n'avons pas changé nos prix chez Nōka depuis deux ans. On préfère absorber une partie de cette pression plutôt que de la répercuter à chaque augmentation.
Le matcha a le goût de l'herbe
Ce préjugé n'est pas complètement faux, mais il vise le mauvais coupable. Un matcha qui a un goût herbacé et amer, c'est presque toujours un matcha dont la fabrication a été bâclée : une feuille mal ombragée, une oxydation pas assez rapidement stoppée, ou des tiges et nervures mal retirées lors de l'ébarbage, l'étape qu'on détaille dans notre article sur le tencha. Un bon matcha, bien préparé en amont, a un goût umami rond et légèrement sucré, pas une note d'herbe coupée.
C'est long et pas pratique à préparer
En pratique, préparer un matcha prend à peu près le même temps que faire couler un café en machine, et beaucoup moins de temps qu'une infusion classique qu'on laisse reposer plusieurs minutes. Ce qui donne cette impression de complexité, c'est surtout l'image du fouet en bambou et du geste précis qu'on associe à la cérémonie du thé. Chez Nōka, on recommande justement cette préparation traditionnelle au chasen, parce qu'elle reste la meilleure façon de sentir toute la texture et le goût du matcha. Mais elle n'est pas obligatoire pour autant : au quotidien, un simple mousseur électrique ou même un shaker suffisent largement pour un résultat sans grumeaux, quand le temps manque. Nous détaillons toutes les méthodes, du plus traditionnel au plus rapide, dans notre article sur comment boire son matcha.
Le matcha se boit uniquement en latté
C'est même l'inverse historiquement : au Japon, le matcha se boit traditionnellement à l'eau chaude, sans lait du tout. Le matcha latte est une invention plus récente, popularisée en Occident, qui reste une excellente porte d'entrée mais qui n'est pas la seule façon d'en profiter. On peut aussi le préparer en usucha classique, en version plus concentrée en koicha, ou même glacé avec de l'eau pétillante pour une version plus légère. Sur la question du lait justement, nous avons déjà détaillé l'impact du lait de vache et des laits végétaux sur le matcha dans notre article sur les bienfaits du matcha sur la peau, pas de raison de s'y attarder de nouveau ici.
Le matcha est plein de métaux lourds
C'est une inquiétude légitime, et elle mérite une vraie réponse plutôt qu'un déni. Le théier est une plante qui a naturellement tendance à accumuler certains métaux présents dans le sol, ce qui explique que la question revienne régulièrement. La bonne réponse à ce préjugé, ce n'est pas de le balayer, mais de le vérifier : c'est justement pour ça que nous faisons analyser nos matchas par un laboratoire indépendant accrédité, avec des résultats complets et transparents que nous détaillons dans notre article sur les analyses de laboratoire. Tous les matchas ne se valent pas sur ce point non plus, ce qui nous amène directement au dernier préjugé.
Tous les matchas se valent
C'est probablement le préjugé le plus coûteux pour qui veut vraiment apprécier le matcha. Le grade, le cultivar du théier, la région de culture, et la façon dont la feuille a été broyée font une différence énorme sur le goût, la texture et la couleur du produit fini. Nous expliquons ce qui distingue vraiment les grades entre eux dans notre article sur la signification des grades de matcha, et comment repérer les signaux d'un matcha de mauvaise qualité dans notre article sur comment reconnaître un mauvais matcha. Deux matchas au même prix peuvent être très différents, et deux matchas à des prix très différents aussi.
En résumé
La plupart des préjugés sur le matcha viennent d'une mauvaise expérience avec un matcha de mauvaise qualité, pas du matcha lui même. Le prix suit une réalité de filière, pas une marge abusive, le goût d'herbe signale une fabrication ratée, et la préparation est bien plus rapide qu'on ne l'imagine. Comprendre ce qui se cache derrière chaque préjugé permet de faire des choix plus éclairés, et souvent de redonner sa chance au matcha.
Une question sur ces préjugés ou sur nos matchas ? N'hésitez pas à nous contacter, nous répondrons avec plaisir.